Fairy Tales for a Fairer World

Contes de fées pour un monde meilleur - Cuentos de Hadas para un mundo más justo

In the Storybook, classic characters take on new adventures in the setting of traditional fairy tales from around the world, whilehighlighting issues such as climate change, epidemics, displacement, and inequality


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La ville natale de Vieux Lad se trouvait à des milliers de kilomètres du pays de Tusker. En plus, sa malle volante était tombée en panne plusieurs fois, lui faisant perdre un temps précieux. Tandis qu’il survolait les villes et les campagnes, il avait eu tout le temps de se remémorer sa vie.

Vieux Lad était né dans la pauvreté. Jeune garçon, il aspirait à devenir riche, mais il n’était pas prêt à travailler pour y parvenir. Un jour, il rencontra un magicien très rusé et très méchant. Ce dernier le mena jusqu’au bord d’une crevasse et lui demanda de s’y faufiler pour récupérer la lampe qu’il avait fait tomber au fond du trou. Lad descendit dans la cavité et trouva l’objet recherché. Mais avant qu’il ne pu en sortir, la crevasse se referma. Il était piégé. C’est alors qu’il découvrit le génie de la lampe.

Grâce aux pouvoirs magiques du génie, Vieux Lad retourna dans sa ville natale et s’installa dans un palais luxueux. Il épousa la plus belle des princesses et devint prince. Il mangeait tous les soirs à la table du roi. Il obtenait tout ce qu’il voulait.

Le temps passant, Vieux Lad remarqua néanmoins une différence entre les voeux qu’il prononçait, selon l’endroit où se trouvait la lampe. Lorsqu’il tenait la lampe dans ses mains, les désirs qui lui venaient à l’esprit étaient égoïstes et cruels. Lorsque la lampe était posée sur la table, par contre, il avait tout naturellement envie de faire du bien aux autres. Pour éviter de faire des voeux égoïstes, Vieux Lad enferma la lampe dans une boîte en verre. Ainsi, elle serait préservée pour ses descendants.

Sous le règne de Vieux Lad, la ville et ses habitants devinrent aussi prospères que leur prince. Pendant toutes ces années, le magicien avait cherché inlassablement à retrouver celui qui lui avait subtilisé la lampe. Il finit par arriver dans la ville de Vieux Lad. S’introduisant dans le palais pendant que la princesse était seule à la maison, le magicien parvint à l’ensorceler.
Il ouvrit la boîte et sortit la lampe. La tenant dans les mains, il demanda au génie de lui transférer tous les bienfaits qu’il avait accordés à Vieux Lad et à ses sujets. Il s’empara ainsi non seulement des richesses, mais aussi du bonheur des gens. Le magicien prit le pouvoir et régna sur le pays avec un pouvoir absolu.

Après de nombreuses péripéties, Vieux Lad réussit à chasser le magicien et à détruire la lampe...

…C’était du moins ce qu’il pensait. Jusqu’au jour où son fils rencontra un magicien qui le guida vers un trou, d’où il déterra la lampe. La même histoire que celle de la génération précédente se répéta. Le trou se referma sur le fils de Vieux Lad, le jeune homme était pris au piège avec le génie.
Se souvenant de l’enseignement de son père, il manipula la lampe avec précaution dans sa boîte de verre pour la mettre en sécurité. Juste au moment où le même magicien tenta de piéger le fils de Vieux Lad, celui-ci jeta la lampe dans le trou dans le sol. Tout cela se répétait chaque génération.

La nouvelle était à la Une du journal, ce qui poussa Vieux Lad à sortir de la Vieille maison, avec l’intention d’empêcher que l’histoire ne se répète encore une fois.

Vieux Lad était arrivé aux frontières de son pays. La situation était bien pire que ce qu’il avait vu à la télé : la terre dégradée ne donnait plus de récoltes et les champs étaient abandonnés. Il appréhendait le contraste entre le palais rutilant du jeune Prince Aladin et le paysage dévasté. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il constata que le palais avait tout simplement disparu !

Le jeune prince Aladin était couché sur le sol chaud, sec et poussiéreux, la tête sur ses bras pliés. Il dormait sous le soleil brûlant après avoir passé la journée à garder les moutons, non loin de son ancien palais. Il travaillait maintenant comme berger pour un fermier de la région.
Le Prince Aladin se sentait trop faible pour se lever. Il n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. Soudain, quelqu’un lui secoua vigoureusement l’épaule. Ouvrant l’oeil, il aperçut un vieillard tout ridé. « Que s’est-il passé ? Où est ton palais ? Où est la lampe ? » demanda le vieil homme.

Il fallut quelques secondes au Prince Aladin pour reconnaître son arrière-grand-père, Vieux Lad. « Arrière-grand-père ! Qu’est-ce qui t’amène ? »

« Je suis venu pour arrêter la destruction de ton pays et mettre fin à l’écart terrible entre ta richesse et la pauvreté de tes sujets. Je m’attendais à te trouver jouant au croquet sur une pelouse luxuriante, pas couché dans la poussière ! Où est la lampe? ». Vieux Lad sortit de sa poche l’article de journal sur la situation catastrophique du pays d’Aladin et le secoua devant la figure du jeune homme.

« Quelle lampe ? Vous voulez dire, ce vieux truc dans une boîte en verre qui ressemble à un saucier ? Je l’ai vendu. J’ai tout vendu à l’exception de mon palais et de mon lion apprivoisé » expliqua Aladin.

« Tu as vendu la lampe ? Mais quel idiot ! » cria Vieux Lad, hors de lui.

Le Prince Aladin ne comprenait pas pourquoi Vieux Lad se mettait dans un tel étatpour une vieille lampe. Il expliqua : « J’ai dépensé l’héritage de mon père jusqu’au dernier centime. J’ai acheté des maisons, des avions à réaction, des gadgets et même un lion apprivoisé qui sait faire des tours.
Je n’ai jamais pensé que je réussirais un jour à tout dépenser, mais c’est ce qui est arrivé. J’ai dû vendre tous mes biens pour avoir de quoi vivre. J’ai aussi vendu le saucier dans sa boîte en verre.
Lorsqu’il me l’a donné, mon père m’a recommandé d’en faire bon usage et de ne jamais le sortir de sa boîte. Mais comment l’utiliser sans le sortir de la boîte ? Comme je n’aime pas trop les sauces, je l’ai donc rangé dans un tiroir et je l’ai oublié jusqu’au jour où j’ai vendu toutes mes affaires.

Mais depuis ce jour-là, il est arrivé toutes sortes de choses bizarres. Mon palais s’est évaporé, tout comme mon lion, qui était ma seule source de revenu. » Vieux Lad était atterré. « Tu ne savais donc pas que la lampe contient un génie qui a le pouvoir de réaliser tes vœux ? »
Prince Aladin éclata de rire. « Un génie ? Quelle drôle d’idée ! »
Devant l’attitude incrédule de son arrière-petit-fils, Vieux Lad se contenta de soupirer. Il n’y avait pas de temps à perdre : il fallait absolument retrouver la lampe. Il demanda : « A qui l’as-tu vendue ? »

« J’ai mis mes affaires en vente sur un site Internet. J’ai ensuite expédié les objets à diverses adresses. Je ne sais pas qui a acheté la lampe. »

 

Les journaux avaient fait croire au monde que le Prince Aladin avait pris le pouvoir grâce à la lampe alors qu’en fait, il ne savait même pas s’en servir !  Vieux Lad croyait savoir qui avait profité de l’ignorance de Prince Aladin pour s’emparer de la lampe et de son génie. Il partit en courant vers sa malle volante. Le prince lui emboîta le pas sans trop comprendre ce qui se passait.

Pendant ce temps-là, le reste de la troupe avait quitté la péniche et poursuivait leur voyage vers la ville d’Aladin à pied. Des huit anciens qui avaient quitté la Vieille Maison, il ne restait que Reine de Bambou. Ses sept compagnons de voyage étaient tous jeunes ; ils débordaient d’énergie et d’enthousiasme. Il y avait les trois Petits Cochons, Ruby, Petite-Oreille, Cadin et Princesse de Bambou. Pour s’orienter, ils utilisaient le GPS de Princesse de Bambou et demandaient l’aide du rat détecteur de Ruby. Ils avaient parcouru ainsi plusieurs kilomètres, en silence, lorsqu’ils tombèrent soudain face à Vieux Lad et à Prince Aladin, filant vers eux à toute vitesse dans la malle volante.

La malle s’arrêta à quelques centimètres de la trompe de Petite-Oreille, qui poussa un barrissement effrayé. Le regard de Prince Aladin croisa celui de Princesse de Bambou. D’un coup de tête nonchalant, Prince Aladin rejeta sa longue frange en arrière tandis que Princesse de Bambou tortillait le bout de sa queue-de-cheval autour de son doigt. Ce petit manège n’échappa à personne.

« Prince Aladin a vendu la lampe » annonça Vieux Lad d’un ton sec.

« Comment ? » s’exclama Petit Cochon Taupe.

« Mais… si la lampe n’appartient plus à Prince Aladin, à qui appartient-elle ? » demanda petit Cochon Bleu.

« J’ai ma petite idée là-dessus. Nous devons la retrouver et la détruire ! » répondit Vieux Lad.

Tous acceptèrent sans hésitation de l’aider dans ses recherches et s’élancèrent derrière la malle volante en scandant « Il faut trouver la lampe ! Il faut trouver la lampe ! »
Rat Détecteur s’élança à travers des dunes de sable qui ondulaient à perte de vue, suivi de près par Vieux Lad sur sa malle volante. Ruby venait la dernière, essoufflée mais déterminée à continuer. Princesse de Bambou se tourna vers Ruby et dit : « Vous avez été courageuse de traverser la forêt, même après avoir entendu l’explosion de la mine. »

« Je me suis dit que ma fille était plus en danger que moi. De toute façon, grâce au rat détecteur, je ne craignais rien. »

« Je me demande qui est le malheureux qui a marché sur cette mine » continua Princesse de Bambou.

« J’espère que c’était le loup » répondit Ruby. « Ça fait des années qu’il nous pose problème. »

Les dunes avaient fait place à une plaine rocailleuse. Tout à coup, la malle volante fut agitée de violentes secousses. Puis elle s’arrêta et refusa de redémarrer.
« Oh, non ! » pesta Vieux Lad. « Cette satanée malle n’a pas cessé de tomber en panne ! Qu’à cela ne tienne, je continuerai à pied. » Il sauta en bas de la malle. « Mais tu ne peux pas marcher, Vieux Lad ! Et tes poumons ? » protesta Reine de Bambou.

« Ça ira, ma chère. D’ailleurs nous sommes bientôt arrivés. »

Portant sa bouteille d’oxygène sous le bras, Vieux Lad avança d’un pas pressé. Soudainement, il fit signe aux autres de faire halte derrière lui. Ruby était soulagée de pouvoir enfin reprendre son souffle. Elle faisait de son mieux pour suivre ces jeunes pleins d’énergie, mais son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine. Vieux Lad s’était arrêté au bord d’une énorme crevasse, de l’autre côté de laquelle il y avait un cratère profond et parfaitement rond, comme une immense marmite à la surface de la terre.

« Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? » demanda Prince Aladin.

Vieux Lad répondit : « C’est dans cette crevasse que j’ai trouvé la lampe. C’est aussi ici que je l’ai jetée pour la détruire. »

Cadin sortit ses jumelles et scruta le paysage. Un objet à côté du cratère attira son attention. « On dirait des cages. Et dedans, il y a un éléphant… »

« C’est peut-être Tusker ! » s’exclama Petite-Oreille en battant des oreilles d’un air excité.

«… Et un lion ! » ajouta Cadin.

« C’est certainement mon lion apprivoisé » dit Prince Aladin.

« Il y aussi une troisième cage… Oh non ! Ce sont les cochons ! »